Le Scénodico

Géotropisme
</span>Philippe Perret appelle géotropisme ou effet de géotropisme un procédé narratif de la famille des idées centripètes qui oriente l’esprit ou l’attention du spectateur vers un élément particulier du film.

C’est le cas, par exemple, dans Dancer in the Dark (Lars Von Trier, 2000), lorsque Selma dit à son fils Gene de parler à Bill de son argent lorsqu’ils se rendent chez eux, au début du film (voir l’analyse de ce film). Cela oriente notre esprit vers le sujet “argent” qui jouera un rôle capital et décisif dans l’intrigue, puisque c’est le moteur principal et presque exclusif des deux personnages principaux (Bill croit devoir trouver de l’argent pour préserver son foyer et Selma doit gagner de l’argent pour payer une opération des yeux à son fils).

Le premier plan ou la première scène d’un film fait souvent appel au géotropisme pour orienter immédiatement l’esprit du spectateur/lecteur vers le sujet que traitera le récit. C’est le cas par exemple avec le premier plan de Marvin’s Room (Jerry Zaks, 1996), long travelling sur un étalage de médicaments, quand le film va faire de la médicamentation l’enjeu même de l’intrigue.

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