Le Scénodico

Ironie Dramatique

L’ironie dramatique est un procédé narratif très puissant, de la famille des préparations-paiements, qui consiste à donner à connaître au spectateur/lecteur (et/ou à un des personnages du film) une information ignorée par au moins un des autres personnages.

Dans Léon (Luc Besson, 1994), lorsque le personnage apprend à la petite fille à viser, il y a une ironie dramatique sur les passants : nous savons qu’une arme les menace, les passants eux l’ignorent. Il y a même une autre ironie dramatique diffuse qui ne manque pas de faire frémir : nous savons qu’on n’apprend pas à tirer sur les gens dans la rue à une fillette, Mathilde, elle, l’ignore.

Comme on peut le voir, il y a dans l’ironie dramatique un auteur (celui qui implante l’information, qui la partage avec le spectateur/lecteur) et une victime (celui qui ignore l’information qu’il devrait connaitre).

Dans l’exemple de Léon :

Première ironie dramatique :

AUTEUR : Léon (et dans une moindre mesure : Mathilde) VICTIME : Les passants

Seconde ironie dramatique :

AUTEUR : Léon (veut apprendre à Mathilde à tirer) VICTIME : Mathilde (ne sait pas qu’elle ne doit pas apprendre à tirer)

Plus l’information ignorée est importante pour la victime de l’ironie dramatique et plus l’investissement du spectateur/lecteur sera grand et l’émotion forte.

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