Le Scénodico

Inversion de polarité

Synonyme du concept de Robert McKee traduit littéralement par “changement de valeur”.

Le terme plus approprié de “polarité” suggère mieux que tout élément narratif quel qu’il soit peut s’inverser, au cours d’une scène, au cours d’un dialogue, au cours d’une séquence ou même au cours de tout le récit, produisant une évolution dynamique qui empêche l’histoire d’être statique.

L’inversion de polarité est particulièrement efficace dans une scène, la concluant en inversant la polarité d’un élément présenté au début de la scène. Par exemple, le personnage “ne sait pas” au début de la scène, il “sait” à la fin ; le personnage “n’a aucune aide” au début de la scène, il obtient l’aide d’un autre personnage à la fin de la scène ; deux personnages sont en colère au début de la scène, ils tombent dans les bras l’un de l’autre à la fin de la scène.

À l’opposé, on peut trouver cette inversion de polarité d’un bout à l’autre de l’histoire de façon plus ou moins subtile. Dans Still Alice (Richard Glatzer, 2014), la première scène se déroule lors de l’anniversaire d’Alice. Toute la famille — étendue — est réunie autour d’elle, sauf… sa fille Lydia. À la toute fin du film, Alice se retrouve toute seule avec… sa fille Lydia. Cette subtile inversion de polarité — qui joue uniquement sur les personnages d’une même famille — offre une satisfaction finale à ce drame : la maladie aura au moins eu cet effet bénéfique : le rapprochement d’une mère et de sa fille éloignées au début du film — littéralement à des milliers de kilomètres l’une de l’autre.

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