La collection Narration

Synopsis complets

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Synopsis de Arrival


À faire…
 
Exemple de synopsis : Arrival

Synopsis de Everest


D’abord un petit historique…1 Trente neuf ans et quelques morts après les pas des premiers alpinistes sur le toit du monde, le pionnier ROB HALL inaugure le concept d’expédition touristique en haute altitude. En quelques années, nombreux vont être les grimpeurs professionnels à se lancer dans cette activité rémunératrice. Pour le meilleur et pour le pire…
 

Aujourd’hui, Rob Hall entame sa quatrième expédition. Son entreprise, Adventure Consultants, est bien rodée, cette année elle accueille même dans sa cordée de clients Jon Krakauer, le célèbre grand reporter du journal Outside qui doit rédiger un article sur l’expédition. Face à la concurrence, toute publicité est bonne à prendre.
 

Jan, la femme de Rob, ne peut malheureusement pas être de l’expédition, elle est enceinte. Mi-drôle mi-rassurée, elle exorte gentiment Rob, son mari, à être de retour avant la naissance de leur enfant.
 

À l’aéroport, les premiers clients d’Adventure Consultants font connaissance.

Beck Weathers, riche texan pur souche, Doub Hansen, facteur ou menuisier selon les jours, et le journaliste Jon Krakauer.2
 

Sitôt leur arrivée au point de ralliement, à Katmandou, les clients de Rob se voient exposer les règles implacables de ce jeu qui n’en est pas vraiment un. Elles sont simples : l’ascension du plus haut sommet du monde n’est pas une balade de santé, elle peut coûter des bras, des pieds, des mains et même… la vie. Rob présente avec solennité la zone critique, la Zone de mort, un espace entre le col Sud et le sommet dans lequel le corps humain se meurt littéralement. L’enjeu : y rester le moins longtemps possible.
 

L’expédition, en plus de Beck, Doug et Jon, est composée de Yasuko Namba, une japonaise comptant déjà à son actif six des plus hauts sommets du monde — l’Everest doit être son dernier trophée —, quelques autres clients plus discrets ainsi que Mike et Harold, les seconds de Rob.
 

Après une marche en altitude au milieu de décors sublimes, la première surprise survient au camp de base, situé à 5364 mètres, en découvrant le nombre d’équipes sur place. Rob, ramassant un emballage de barre chocolatée jeté au sol et découvrant la préparation d’alpiniste sans la moindre expérience, ironise sur ces dégradations environnementales d’un tourisme en plein essor, dont il est un peu le responsable…
 

Les premières semaines sont consacrées à l’acclimatation et la mise en condition physique indispensables à la réussite de l’aventure. Plusieurs débuts d’ascension sont amorcés tandis qu’on fait mieux connaissance avec les principaux protagonistes. D’abord le facteur Doug, divorcé, auquel Rob a fait une réduction conséquente, venu grâce à l’aide financière des enfants de son village. S’il est là, c’est pour prouver que même un homme modeste peut gravir des sommets. Et si lui peut le faire, alors n’importe qui peut y parvenir. Son exact opposé, pourrait-on dire, c’est Beck, texan fortuné, marié, deux enfants, qui tente l’aventure pour la première fois et ne semble pas aussi rassuré qu’il voudrait le laisser paraitre. Mais la montagne reste vitale pour lui, il avoue sentir la dépression le gagner chaque fois qu’il s’en éloigne trop longtemps.
 

De tente en tente, on fait également la connaissance d’autres grimpeurs, comme Scott Fisher, jeune patron de Madness Mountain, plus freestyle que son concurrent et respectueux ami Rob Hall. On découvre aussi à ses côtés Anatoli Boukreev, solide alpiniste russe connu de la profession pour ses ascensions sans oxygène.
 

La tension monte d’un cran avec le premier incident, lorsque les équipes sont contraintes de s’arrêter et d’attendre, dans un froid glacial, pour passer sur une unique échelle métallique une crevasse en pleine Cascade de glace, première difficulté de l’ascension qui sépare le camp de base du camp numéro 13. Le texan Beck Weathers manque même de chuter et, paniquant, s’en prend violemment à Rob, lui faisant bien comprendre qu’il n’a pas payé une fortune pour mourir parce qu’il doit faire la queue…
 

Dès le lendemain, Rob Hall décide de réagir. Il réunit toutes les équipes sous sa tente pour proposer de s’organiser. Malheureusement pour lui, il est hors de question de conclure le moindre accord avec l’équipe des Sud-Africains, dont le chef considère que la montagne est à tout le monde. Rob, pas rassuré du tout, ne parvient qu’à s’associer avec son ami Scott Fisher, qui semble prendre les choses avec beaucoup de légèreté. Peut-être son penchant marqué pour l’alcool y est-il pour quelque chose…
 

Après un mois de préparation, et suite à l’annonce d’une fenêtre météo propice, les équipes se mettent enfin en route pour rejoindre, les unes après les autres, tous les camps qui conduisent au sommet. Les conditions sont rudes, les avalanches de glace dangereuses, l’hypothermie fait des victimes, mais Rob Hall a bien préparé ses clients et leur ascension se passe sans incident, jusqu’au quatrième et dernier camp perché à 7951 mètres d’altitude où ils sont accueillis par une tempête de neige.
 

Il faut attendre le matin du vendredi 10 mai pour que la tempête se calme, subitement, comme par magie, libérant le ciel devenu miraculeusement clément. Rob Hall décide de se lancer à l’assaut du Mont Everest.
 

L’expédition reprend donc son ascension au pied de l’arête Sud pour gravir les centaines de mètres qui les séparent du sommet. Mais dès le “Balcon”, Rob Hall, à contre-cœur, doit demander à Beck Weathers de s’arrêter, à cause de problème de vue. Beck, presque aveugle, doit renoncer et attendre un peu avec de redescendre avec les premières équipes sur le retour.
 

Mais lorsque les premiers grimpeurs arrivent à la traverse qui rejoint le ressaut Hillary, ils découvrent avec stupeur qu’elle n’est pas équipée. Et comme si un problème de cette importance ne suffisait pas, le Sherpa qui porte les cordes pour équiper les voies a pris du retard pour aider à grimper une journaliste de CNN qui se refuse à renoncer.
 

De précieuses heures vont être perdues à équiper la traverse pour que les équipes, impatientes et frigorifiées, puissent franchir le ressaut Hillary. Par chance, ils sont encore dans les temps, mais la fenêtre météo se réduit, ils doivent impérativement être redescendus de la zone de mort avant 14 heures.
 

Las, les plus vieux clients de Rob Hall renoncent, au grand dam de l’alpiniste qui sait la mauvaise publicité que cela peut lui faire, mais bientôt le ressaut est équipé et les premiers grimpeurs parviennent, lourds et victorieux, au sommet de l’Everest.
 

Mais passés ces premiers succès, plus rien ne va se dérouler comme prévu…
 

D’abord, Harold, le coéquipier de Rob parti avec un petit groupe récupérer les bouteilles d’oxygènes déposées plus tôt au col Sud, par une autre équipe, découvre que ces bouteilles sont presque vides. Ils n’ont presque plus d’oxygène, cet oxygène indispensable aux ascensions en haute altitude.
 

Rob, qui l’ignore, accepte de conduire Doug jusqu’au sommet alors qu’il se fait déjà tard et que Doug, de toute évidence, est à bout de force. Mais Rob ne se sent pas le courage de contrarier le facteur si près du but pour sa seconde ascension. Il ignore qu’il n’y a plus d’oxygène et qu’une tempête noire se profile à l’horizon.4
 

Cette succession d’incidents, dont chacun aurait pu rester presque anodin pour des aventuriers préparés aux incidents, va conduire à la catastrophe.
 

D’abord avec la mort de Doug, qui dévissera dans le dos de Rob alors que ce dernier partait chercher du secours. Alors que Rob Hall lance des appels à l’aide sans effet, l’orage s’abat sur la montagne et le camp de base, un orage noir comme on en a rarement vu.

Scott Fisher, épuisé par ses incessants aller-retours et ses piqûres trop fréquentes d’hexamétadone finit par laisser ses clients descendre seuls et meurt, vaincu par le froid et l’épuisement, enseveli sous la neige.

Un peu plus bas, une chute collective, provoquée par Beck Weathers, presque aveugle, fait des ravages dans l’équipe Madness Mountain. Plusieurs grimpeurs restent au sol, dont Beck et la japonaise Yasuko.
 

Néanmoins, les premiers grimpeurs parviennent à rejoindre dans l’obscurité de la tempête et du matin le camp 4, accueillis par les lampes-torches et les casseroles frappées par les guides. Mais nombreux sont ceux qui sont encore dans la montagne. Au camp de base, on essaie de faire le point sur une situation qui tourne à la catastrophe.
 

De son côté, Mike, remonté pour porter secours à Rob et Doug, parvient à rejoindre Rob seul. Mais la tempête et le froid les contraint à patienter sur la petite marche sous le sommet Sud.
 

Devant l’ampleur du drame, les équipes du camp de base se mobilisent. À commencer par l’équipe d’Imax, conduite par l’alpiniste réalisateur David Breashears, qui offre d’utiliser ses propres bouteilles d’oxygène. Un espoir renait avec l’énergie que met chaque groupe à s’investir dans l’opération de secours.
 

Mais dans la nuit, sur la petite marche sous le sommet Sud, alors que la tempête fait toujours rage, Mike se réveille, pris d’une violente montée de chaleur, et dévisse en voulant se dévêtir. Rob, qui dort encore, se retrouve seul sans le savoir.
 

Un peu plus bas, le russe Anatoli Kouvreev, colosse habitué aux ascensions sans oxygène, seul mais animé d’un courage qui ne peut que forcer l’admiration, parvient à multiplier les aller-retours pour tenter de sauver le plus de grimpeurs possibles. Il doit malheureusement abandonner à leur mort la japonaise Yasuko Namba et Beck Weathers. En pleine nuit, la femme du texan, Peach, est informée de son décès.
 

Au campement de base, on parvient enfin à joindre Rob Hall. On essaie de le convaincre de redescendre, on met même sa femme Jan à contribution, en la lui passant au téléphone. Rob retrouve un semblant de courage et déploie des efforts surhumains pour tenter de se descendre sous la Zone de mort. Au camp de base, on lui annonce qu’on lui envoie du secours, de l’oxygène et du thé chaud.
 

Mais lorsque Rob Hall apprend que les secours ont dû faire demi-tour, à cause d’une seconde tempête qui s’est levée, Rob Hall, à bout, s’effondre. Vaincu par la fatigue et le désespoir, il se laisse mourir après avoir déclaré son amour, une dernière fois, à sa femme Jan. Enseveli sous la neige, Rob Hall meurt.
 

Alors que la tempête décide enfin de se calmer, contre toute attente, Beck Weathers se réveille, gelé et presque aveugle, les membres noirs. Presqu’à tâtons, il parvient à rejoindre le quatrième camp.
 

On informe aussitôt le camp de base qui à son tour prévient Peach, la femme du texan. Mais Beck n’est pas sauvé, il a besoin de secours dans les plus brefs délais et doit être redescendu sans attendre au camp de base. L’équipe d’Imax redescend le riche texan jusqu’au camp 1, mais il est impossible, dans son état, de franchir la cascade de glace jusqu’au camp de base. Peach met alors tout en œuvre pour obtenir des autorités qu’on vole — littéralement — au secours de son mari.
 

Un hélicoptère est finalement envoyé pour récupérer Beck au camp 1. L’opération de secours est périlleuse — un hélicoptère n’ayant aucune portée à l’altitude du camp 1 — mais elle réussit et Beck Weathers peut être reconduit chez lui, salement amoché mais bien vivant. Il retrouve sa femme, émue aux larmes.
 

Les alpinistes rescapés parviennent à rejoindre enfin le camp de base et l’équipe d’Adventure Consultants revient la mort dans l’âme à l’aéroport américain où les accueille Jan, la veuve de Rob Hall.
 

En guise de conclusion, les victimes du drame sont énumérées, accompagnées de leur photo réelle dans l’histoire vraie de cette tragédie. Mais éclairant ce drame d’une lueur nuancée, on est informé pour finir que, même s’il a perdu dans l’aventure son nez et ses deux mains, Beck Weathers a pu être soigné et sauvé.
 

Et puis on découvre la fille de Rob et Jan, presque adulte aujourd’hui. Elle porte même le nom qu’avait voulu le père qu’elle ne connaitra jamais : Sarah.
 
Exemple de synopsis : Everest
1  J'essaie de suggérer de cette manière que des informations préliminaires seront affichées à l'écran sur le noir, pour préparer le spectateur. Il faut cependant pouvoir anticiper les reproches du lecteur professionnel : si la suite est parfaitement rédigée (cinématographiquement), il comprend l'effet. Si au contraire la suite laisse à désirer, ce lecteur pensera tout simplement à une “erreur de débutant”.
2  L'homme qui fera le récit de cette aventure.
3  En guise de précaution, j'essaie de mettre déjà dans la tête du lecteur que le camp de base et le camp 1 ne sont pas le même lieu.
4  Comme on peut le voir, on fait ici le sacrifice du personnage de Guy Copper. Une des difficultés de la lecture en général, ce sont les personnages et c'est une difficulté toute particulière pour ce film servi par une profusion de personnages sous des combinaisons souvent très semblables… Simplifier est donc une exigence, et on a pris le parti ici de se concentrer sur Rob Hall, le protagoniste, Doug Hansen, le premier mort, et Beck Weathers, le texan qui échappera par miracle au drame.

Synopsis de The Maze Runner


[À faire]

Thomas se réveille en sursaut, terrorisé, dans un ascenseur qui monte à vive allure.

Il se met à courir comme un dératé, terrorisé.
 
Exemple de synopsis : The Maze Runner

Synopsis de Thelma & Louise


Deux amies d’enfance de l’Arkansas5, THELMA DICKINSON et LOUISE SAWYER, sont sur le point de s’offrir un week-end à la montagne entre filles, dans un bungalow prêté par un collègue.
 

C’est la toute première fois que Thelma, la trentaine bien sonnée, part sans son mari DARRYL, un macho de première à qui elle n’a même pas osé parler du week-end et encore moins de son départ imminent… Elle s’en ira sans même lui dire. Quant à Louise, avant de partir, elle tente de joindre en vain JIMMY, un amoureux qui repousse jusqu’à aujourd’hui tout engagement sérieux.
 

Les affaires pliées, les deux jeunes femmes se lancent sur la route, tout excitées par la perspective de ce week-end sympa, dans la belle Thunderbird verte de Louise. Elles ont pensé à tout, même à la canne à pêche et au revolver que Thelma a embarqué contre les tueurs fous et les ours de montagne !6 (ou l’inverse : les ours fous et les tueurs des montagnes7)
 

N’empêche, Thelma préfère quand même remettre l’arme à son ainée Louise. Depuis le temps, les deux femmes se connaissent par cœur. Thelma s’est toujours conduite comme une enfant et Louise comme… son père.
 

Sous l’insistance de Thelma, Louise finit par accepter de s’arrêter dans un bar pour boire quelque chose. Après quelques verres, les deux jeunes femmes se laissent prendre par l’ambiance festive et le petit goût de vacances de leur escapade. De plus en plus ivre, Thelma flirte même en toute innocence et naïveté avec HARLAN, le dragueur invétéré du lieu.
 

Sous prétexte de retrouver ses esprits, de dessouler un peu, Thelma se laisse entrainer sur le parking de la boite par Harlan. Harlan, qui ne pense qu’à ça depuis un bon moment, compte bien profiter de la situation. Thelma résiste, mais plus elle veut se défendre et plus Harlan use de force et même de violence, finissant par maitriser la jeune femme en la retournant sur le coffre d’une voiture.
 

Harlan s’apprête à violer Thelma lorsque Louise arrive et le menace du revolver. Elle libère son amie, mais lorsque Harlan l’insulte, l’invitant à le sucer, Louise perd son sang-froid et lui tire une balle en plein cœur. Harlan s’effondre, mort.
 

Les deux jeunes femmes s’enfuient aussitôt du parking du bar. Que faire maintenant ? Ne pas bouger le petit doigt puisque personne ne les a vues ? Se rendre à la police et avouer leur crime ? Elles ont quand même tué un homme ! De la légitime défense ? Mais qui pourrait croire au viol alors que tout le monde a vu Thelma se frotter contre Harlan toute la soirée ?…
 

Incapables de se décider, sous le choc, les deux jeunes femmes se renvoient l’une l’autre la faute. Thelma, profondément blessée par les accusations de Louise qui la rend responsable du drame, s’en remet tout de même à son amie. Mais Louise est trop perturbée pour décider sur le vif, elle se donne la nuit pour réfléchir.
 

Le lendemain matin, Louise est résolue : elles n’iront pas trouver la police, elles vont s’enfuir pour le Mexique.
 

Mais au bar a commencé l’enquête de police, menée par HAL SLOCUMB, un flic d’expérience qui se montre sensible et respectueux2. Après avoir interrogé les clients et la serveuse, il parvient à remonter jusqu’à Louise par le biais de son véhicule, une T-Bird, puis du véhicule il remonte jusqu’au domicile et du domicile au drugstore où Louise officie comme serveuse4. Hal y recueillera toutes les informations dont il aura besoin pour que son enquête le conduise également jusqu’à Thelma3,8.
 

De leur côté, enivrées par la route1 et les décors sublimes qu’elles traversent, les deux jeunes femmes retrouvent un peu de leur insouciance. Elles rient, chantent. Même si parfois cette insouciance est troublée par quelques frictions, lorsque Thelma s’énerve contre Louise, ne comprenant pas pourquoi son amie refuse de passer par le Texas alors que c’est le plus court chemin vers le Mexique. Mais pour Louise, il n’est pas bon être en procès pour viol dans l’état le plus machiste des États-Unis.
 

La route est propice aux rencontres. En chemin, les deux jeunes femmes font la connaissance de J.D., un étudiant qui se rend à la force du pouce à Oklahoma City. À nouveau, Louise cède à l’insistance de Thelma et accepte d’embarquer le tout jeune homme dans leur aventure. Le courant passe immédiatement entre Thelma et J.D., ils sont sur la même longueur d’onde. J.D. pense même que le mari de Thelma est un gros con. Il n’en faut pas plus pour séduire définitivement Thelma…
 

Ils arrivent sans incident dans leur ville de destination : Oklahoma City. C’est dans cette ville que Louise doit récupérer l’argent que va lui prêter son ami Jimmy. Cet argent leur permettra de poursuivre leur périple jusqu’au Mexique et de s’installer dans ce nouveau pays. Thelma regrette beaucoup de devoir quitter J.D., lui-même arrivé à destination.
 

Mais c’est compter sans l’obstination du jeune homme qui, le soir venu, vient frapper à la chambre de la jeune femme. Par chance, Louise a été rejoindre Jimmy. Et la pluie qui tombe à torrent offre à Thelma le prétexte rêvé pour laisser le jeune loup entrer dans la bergerie…9
 

Dans la chambre de Jimmy, Louise et son ami s’expliquent. Jimmy a peur que Louise lui échappe, il lui offre même une bague de fiançailles, avoue avoir peur de perdre la jeune femme. Louise reste perplexe, elle ne sait pas comment réagir devant cet homme qu’elle aime, certes, mais qu’elle ne sent pas assez amoureux10.
 

De leur côté, Thelma et J.D. font connaissance. Thelma découvre, émerveillée, que J.D. n’est pas l’étudiant qu’il prétendait être mais un braqueur de stations-services et de dépôts d’alcool, tout juste sorti de prison, en probation. Thelma est complètement fascinée par ce gangster. Elle se laisse séduire par le beau jeune homme et finit par s’offrir à lui pour une nuit torride.
 

Le lendemain matin, Jimmy quitte Louise en lui faisant promettre qu’ils se reverront bientôt pour officialiser leur relation. Puis Thelma arrive, aussi lumineuse qu’ébouriffée, et raconte à Louise sa folle nuit d’amour avec J.D. Une nuit de révélation où Thelma a même découvert l’orgasme pour la première fois de sa vie. Elle comprend aujourd’hui pourquoi on en fait un tel foin !
 

Louise se réjouit sincèrement pour Thelma, jusqu’au moment où elle réalise que son amie a laissé J.D. seul dans la chambre, sous la douche, seul avec les 7000 dollars, seul avec l’argent qui doit leur permettre de rejoindre le Mexique et préparer leurs beaux jours !
 

Les deux jeunes femmes se précipitent dans leur chambre… qu’elles trouvent vide. J.D. a disparu. L’argent avec lui.
 

Louise s’effondre, désespérée. Thelma tente de minimiser, d’expliquer que ça n’est pas grave mais Louise, en larmes, lui rétorque que si, si, c’est grave. Comment feront-elles, maintenant, pour se nourrir et payer l’essence jusqu’au Mexique !
 

Face à l’effondrement de son amie, Thelma, contre toute attente, prend les affaires en main. Portant à son tour la culotte, elle attrape Louise par le bras et la tire dehors, il faut partir au plus vite.
 

Stimulée par l’adversité de la situation et les révélations de la nuit, le caractère de Thelma s’affirme et se révèle un peu plus, fantasque. Elles n’ont plus d’argent ? Soit ! Tandis que Louise se contente d’échanger ses bijoux contre un peu d’argent et un chapeau de cowboy, Thelma, elle, procède à son premier vol à main armée dans une station-service.
 

Mais la montée en puissance des deux jeunes femmes fait également monter en puissance la police à sa recherche. Le FBI entre dans la course, conduit par MAX, une vieille connaissance de Hal Slocumb.
 

Pour coincer les deux jeunes femmes, on décide de mettre Darryl, le mari de Thelma, sur écoute et d’attendre que son épouse l’appelle. Le mari macho découvre la bouche ouverte les méfaits d’une épouse qu’il croyait connaitre… Via l’enregistrement d’une caméra de surveillance, Darryl voit sa gentille petite femme au foyer procéder à un braquage à main armée dans les règles de l’art. Parfaitement à l’aise, elle imite à la perfection la simulation que lui avait faite J.D. lors de leur nuit d’amour.
 

J.D., justement, finit par se faire serrer par la police en possession de l’argent des deux femmes. Lors d’un entretien tendu, le jeune homme en probation lâche tout ce qu’il sait sur les deux femmes11. Et notamment l’information capitale dont avaient besoin les flics : la destination de Thelma et Louise, le Mexique.
 

Lorsque Thelma appelle Darryl, Thelma comprend aussitôt, à la gentillesse improbable de son mari, que le téléphone est sur écoute. Louise rappelle et demande à parler aux flics. Pour la première fois, les jeunes femmes se trouvent en contact avec la police, par la voix de Hal Slocumb. Le flic se montre bienveillant mais leur annonce qu’ils savent maintenant où elles se rendent. Elles peuvent encore renoncer et se rendre, elles ne sont pas (encore) inculpées pour meurtre.
 

Thelma et Louise refusent et reprennent la route, en priant pour que cette toute première confrontation avec la police ne soit pas annonciatrice de difficultés futures. Mais avec la police lancée sur leur trace, seront-elles seulement capables d’échapper à l’inévitable, d’échapper à leur destin ?…
 

Poursuivant sa métamorphose, Thelma avoue qu’elle ne s’est jamais sentie aussi éveillée, jamais. Elle repense en riant à la tête de Harlan, son violeur12, au moment de mourir. Et redevenue sérieuse, elle devine que c’est ce qui est arrivé à Louise, au Texas : elle s’est fait violer et a été malmenée au cours d’un procès partisan. De là sa volonté de ne plus y passer.
 

Sous le regard interloqué de Louise, Thelma finit par perdre en sens des réalités tout ce qu’elle gagne en intelligence. Elle en arrive à braquer sans ciller un flic qui les arrête pour simple excès de vitesse et l’enferme dans son coffre avant qu’il ne se renseigne sur elles. Thelma, avec une incroyable lucidité, pense à tout : la radio qu’il faut détruire et les trous qu’elle laisse dans le coffre pour permettre au flic de respirer. Louise, dépassée, seconde son amie comme elle peut. Car c’est elle, aujourd’hui, l’enfant.
 

Et insidieusement grandit aussi en elles un sentiment de vengeance, un sentiment de vengeance à l’encontre des hommes… La vengeance, comme dans les westerns13 qui se sont joués dans les décors magnifiques14 qu’elles traversent et qui inspirent les deux jeunes femmes dont le visage se burine peu à peu au soleil de l’Arizona. Alors qu’elles doublent pour la troisième fois un camion-citerne conduit par un chauffeur obscène, elles décident cette fois de lui donner une bonne leçon. Après lui avoir fait croire qu’elles voulaient s’offrir à lui, elles lui donnent un cours de politesse et font exploser sa citerne d’essence.
 

Au cours d’un nouveau coup de fil avec Hal, le flic leur annonce que leur conduite les a contraints à les inculper pour meurtre et qu’il ne pourra bientôt plus rien faire pour elles si elles s’obstinent à ne pas se rendre. Il explique à Louise qu’il est au courant pour le Texas et qu’il comprend leur fuite. Louise, touchée, est à deux doigts d’écouter les recommandations de ce flic bienveillant, mais Thelma met un terme à la conversation.
 

Le coup de fil a été trop long, la police parvient à localiser les deux jeunes femmes. Ils savaient où elles se rendaient, ils savent à présent où elles se trouvent15. Sur une longue double voie, Thelma et Louise croisent bientôt trois voitures de police, tous gyrophares allumés. Dès que la Thunderbird verte s’est lancée sur le bas-côté, les flics font demi-tour et se lancent à leur poursuite.
 

C’est bientôt toute une horde de voitures qui se lance dans les roues des deux jeunes femmes. Après avoir déjoué plusieurs barrages, après une course effrénée sur une terre aride, poursuivies par une myriade de véhicules policiers, Thelma et Louise parviennent pourtant, in extremis, à s’échapper au bénéfice d’un passage étroit sous canalisations où seule la décapotable verte peut s’engouffrer16.
 

Les deux jeunes femmes restent un moment décontenancées, se laissent rouler en silence, croyant à peine qu’elles viennent d’échapper à la police, croyant à peine au calme revenu. Thelma, dans un accès de conscience, s’excuse, tout ça est de sa faute ; mais quoi qu’il advienne, elle est heureuse d’être partie avec Louise. Louise la rassure. Elles parviennent même à rire lorsque Louise demande à Thelma de lui dire comment elle trouve ces vacances…
 

Le répit est de courte durée. Alors qu’elles contemplent depuis un plateau le Grand Canyon qui s’étend loin devant elles, à l’infini, un hélicoptère surgit de la falaise et des voitures de flics viennent barrer leur retraite, les acculant au vide. Max, le chef du FBI12, ne veut rien entendre des exhortations de Hal qui s’énerve contre l’arsenal disproportionné déployé contre les deux jeunes femmes. Il sent confusément que les choses vont mal tourner17.
 

Hal Slocumb ne se trompe pas… Les deux jeunes femmes, faisant fi des armes braquées sur elles, convaincues sans se le dire qu’elles ne pourront échapper à la justice des Hommes que dans la mort18, décident de poursuivre leur route malgré tout…
 

Après un dernier baiser échangé, main dans la main comme un poing dressé, Thelma et Louise19 s’élancent à toute allure vers le vide, à bord de la Thunderbird verte20.
 
Exemple de synopsis : Thelma & Louise
1  C'est une dimension qu'il est important de faire passer : celle du “road-movie” latent dans ce film. Celle de la beauté de la route, des décors, thème important de l'histoire.
2  Dans le plan de rédaction, nous avions mis le début de l'enquête là où elle commence dans le film, c'est-à-dire dans la seconde moitié de l'exposition. Ici, il m'a semblé préférable de se concentrer sur les deux jeunes femmes en fin d'exposition et de ne faire entrer l'enquête qu'à ce moment.
3  En réalité, on ne verra Hal poser aucune question au patron du bar dans le film. Mais puisqu'on peut aisément le deviner, on peut tout à fait l'indiquer de cette manière dans le synopsis. Remarquer, d'ailleurs, à ce niveau, comment la cohérence est gérée : notre inconscient pourrait se demander comment le patron du bar pourrait conduire Hal à Thelma. Un patron ne connait pas forcément toutes les relations de ses employées. Sauf qu'au début du film, on l'a vu parler au téléphone à Thelma et même la draguer. On est sûr, donc, qu'il la connait et depuis longtemps peut-être.
4  Cette information, dans le film, apparait dès la première scène puisque le film débute sur Louise en train de servir au drugstore.
5  Rien, dans l'histoire, ne dit que Thelma et Louise sont des amies d'enfance. Cependant, je me sers de cette indication dans le synopsis pour induire les relations très proches qu'elles peuvent avoir et les scénarios comportementaux qui ont pu s'installer entre les deux jeunes femmes. Si elles ne se connaissent pas depuis l'enfance, il est clair en revanche qu'elles se connaissent depuis longtemps.
6  C'est une citation exacte des dialogues, c'est donc du détail, mais ce détail est tellement révélateur de la personnalité de Thelma, si timorée au début de l'histoire !
7  L'histoire de Thelma et Louise est tragique. C'est incontestable. Cependant, cette histoire est pleine d'humour, de malice, et j'aimerais trouver dans le synopsis quelque chose qui rende compte de cette légèreté, qui “déplombe” en quelque sorte la part de drame du récit.
8  Finalement, l'enquête de police est placée en tout premier dans le développement, ce qui semble mieux couler de source.
9  Ce genre d'annonce, impossible dans le scénario, est possible dans le synopsis à partir du moment où elle ne “vend” pas des évènements qui se produiront dans trop longtemps. Ici, ça ne sera que le temps de la clé de voûte qui suit cette annonce. Cela pose donc un suspense intéressant.
10  À nouveau, cette information n'est pas placée à cet endroit, mais c'est ici qu'elle me semble s'insérer le mieux. Dans le film, c'est lors du pivot 1, lorsque Louise demande à Jimmy s'il l'aime et qu'il tarde trop à répondre, que Louise comprend que Jimmy n'éprouve pas des sentiments très forts pour elle.
11  Cette scène n'existe pas dans le récit, mais elle offre un raccourci intéressant qui permet de passer pas mal d'informations sans nuire au synopsis.
12  Dans un synopsis, il est bon, concernant les noms, de rappeler qui sont les personnages lorsqu’ils n’ont pas été cités depuis longtemps. C’est le cas de Harlan, le violeur, dont le nom n’apparait que sur la première page. C’est le cas aussi de Max, chef du FBI. Comme nous l’expliquerons dans la section consacrée à la rédaction, il faut être particulièrement vigilant avec les prénoms dans un récit.
13  Ce genre de digression est toujours un peu dangereux, mais j’y recours ici pour deux raisons. D’abord pour souligner le parallèle entre le film et le genre “western” revendiqué par l’auteure elle-même. D’autre part, c’est une façon aussi de suggérer que la scène de la vengeance qui suit, avec le camion-citerne, est tournée dans la plus pure tradition du western — noter par exemple la position des deux femmes sur le véhicule, l’arme bien visible à leur ceinture, et le chapeau de cowboy de Louise.
14  Il faut absolument mentionner, dans le synopsis, le décor de ce film, qui participe beaucoup à son ambiance. Il n’apparaissait qu’ici dans une toute première version du synopsis, puis je l’ai ajouté à différents endroits où ça me semblait bien se prêter — sans tenir compte des réels moments du scénario où ces décors allaient être mis à contribution.
15  Il est bon, dès que l’occasion se présente, de “faire le point” de cette manière, même si c’est purement littéraire. Cela permet au lecteur de suivre parfaitement la progression de l’intrigue.
16  Par mesure de précaution, pour ne pas donner l’impression au lecteur d’un tour de magie, je prends l’option de suggérer comment elles vont pouvoir échapper à la horde de voitures qui les poursuit.
17  Exemple d’indication psychologique qui convient parfaitement au synopsis mais serait quasiment impossible dans le scénario.
18  Cette fin a fait couler beaucoup d’encre à la sortie du film. On pourra ne pas être d’accord avec la version utilisée dans ce synopsis, mais il faut surtout comprendre qu’il s’agit ici de donner un exemple de fin qui tente d’amener un peu de sens et de lyrique juste avant de conclure par leur dernière action. À noter, cependant, que la vraie fin du film montre des extraits joyeux du voyage des deux femmes.
19  Je voulais tout faire, ici, bien sûr, pour terminer par les deux prénoms des deux jeunes femmes.
20  Je prends le parti, ici, de ne pas conclure comme dans le film, de laisser un dernier espace d’implication au lecteur, où il pourra imaginer la fin du parcours des deux jeunes femmes. Cela me semble mieux que de terminer en indiquant que le véhicule se fige entre ciel et terre, qui n'aurait pas beaucoup d'impact à la lecture.