La collection Narration

Idée centripète, idée centrifuge

Toutes ces idées sont des idées que j’appelle centripètes dans le sens où elles ramènent au film, elles sont tournées vers le film, elles pointent vers le film, elles sont issues directement du film. Elles exploitent les éléments propres du récit, avant même parfois que ses éléments ne soient véritablement introduits.

Les idées centrifuges, au contraire, sont des idées qui viennent de l’extérieur du récit, qui par conséquent en diluent l’intégrité, en réduisent la cohésion, l’unicité, la particularité.

Cette différence entre idée centrifuge et idée centripète est une des grandes différences entre le travail de l’apprenti-auteur et celui de l’auteur expérimenté. Plus l’auteur murit et plus il comprend la nécessité que la moindre de ses idées gravite autour de son sujet, qu’elle n’en écarte jamais le lecteur ou le spectateur mais au contraire qu’elle le ramène en permanence au cœur de l’histoire qu’il veut lui raconter.

Construire l’histoire de l’intérieur

À l’analyse de grands récits, ou simplement de récits bien construits, on découvre à quel point la moindre idée, l’idée la plus insignifiante en apparence, est extraite de l’histoire même, de son contexte, de son époque, de la particularité de l’intrigue ou des personnages. Cela leur donne en quelque sorte la pureté du diamant.

C’est ce que j’appelle construire l’histoire de l’intérieur. C’est-à-dire faire une exploitation systématique des éléments de son histoire. C’est-à-dire trouver une solution à l’intérieur même du récit lorsqu’un problème se pose, ne pas l’inventer de toute pièce ou le ramener de l’extérieur de l’histoire. S’il n’y a qu’un seul objet dans une pièce, il doit servir à quelque chose, et il doit servir à alimenter l’histoire, la thématique, le personnage, l’intrigue elle-même. Et si un problème se pose dans cette pièce, alors il doit être résolu avec ce même objet.

C’est à ce prix et à ce prix seul que tient la cohésion du récit, et donc son efficacité.