La collection Narration

Pluri-protagonistes

Une confusion courante

On confond souvent histoire à protagoniste multiple avec histoire de groupe.

Dans l’histoire à protagoniste multiple, les protagonistes vivent leur vie de façon quasiment indépendante. Parfois leurs existences se croisent, mais ça reste de simples croisements. C’est le cas par exemple de Crash (Collision, Paul Haggis, 2004) ou de Magnolia (Paul Thomas Anderson, 1999).

En revanche, dans une histoire de groupe, les personnages principaux restent ensemble, suivent le même parcours, le même objectif. Même lorsque l’on a l’impression qu’ils sont traités au même niveau, on constate à l’analyse plus profonde que l’un d’eux sort toujours du lot.

Pluri-protagonistes

Cette collection visant à former l’apprenti-auteur, de lui donner toutes les armes qui lui permettra de développer ensuite seul ses aptitudes à écrire, il ne sera pas question ici de parler ou de traiter les histoires à multiples protagonistes. Se concentrer sur un protagoniste unique est un passage obligé, de la même manière qu’un jongleur commence à par maitriser un seul ballon avant d’en faire voltiger plusieurs dans les airs.

C’est seulement lorsqu’on aura acquis une aisance naturelle dans la construction de l’histoire d’un seul protagoniste qu’on pourra se risquer à une histoire à protagoniste multiple, entendu que les problèmes posés pour un protagoniste se multiplient par le nombre de protagonistes — on pourrait même dire qu’ils passent au carré.

Plusieurs protagonistes quand même

Si néanmoins on insistait pour traiter une histoire à protagonistes multiple, on peut garder comme piste que l’idée est de construire les 5 Fondamentales pour chacun des personnages.

En s’appuyant sur Magnolia : aborder simplement le problème du multi-protagoniste en disant que c’est un travail où les fondamentales sont appliquées non pas à l’ensemble de l’évènemencier, mais à chacun des évènemenciers-brins concernant les personnages : l’histoire du présentateur télé (jeu “Qu’est-ce que savent les enfants” — questions pour un champion opposant adultes et enfants), l’histoire du flic croyant, l’histoire de l’ancien enfant prodige, l’histoire du vieux Earl mourant, voulant revoir son fils Franck, l’histoire de Franck, pdg de “ Séduire et Détruire” (celle-là est mêlée à la précédente : par exemple, c’est l’interview de la journaliste qui va déstabiliser Franck et l’amener à accepter de revoir son père).

ANCIEN : Ajouter peut-être ici le problème de l’identification du spectateur. Dans cette partie, parler du problème du fait que si le spectateur en sait plus ou moins que le personnage, on s’éloigne de l’identification. “Le cœur du spectateur doit battre au rythme de celui du personnage” L’identification devrait faire l’objet d’un document propre Télé et pluri-protagoniste : façon de ne pas trop investir le spectateur, de lui permettre de garder une distance sur l’histoire, une objectivité sécurisante.