La collection Narration

Introduction aux fonctions du dialogue

Une des premières caractéristiques du dialogue est d’avoir une fonction.

S’il nous arrive, dans la vie, d’ouvrir la bouche pour ne rien dire, cela doit être banni d’une bonne écriture narrative.

Quand l’auteur ouvre la bouche de son personnage, il doit savoir pourquoi il le fait.

Un personnage qui n’a rien à dire doit se taire.

Et il ne doit pas seulement le savoir pour la première réplique, mais aussi pour la deuxième, pour la troisième, etc. Chaque réplique doit avoir sa fonction propre, comme nous le verrons dans la suite.

Noter que la fonction du dialogue peut tout à fait être de montrer que le personnage n’a rien à dire, si tel est le personnage dans la situation donnée.

De façon non exhaustive, voici ce que permet principalement le dialogue.

Faire vrai
La fonction première du dialogue est de faire vrai. Dans la vie, nous parlons ; dans les récits — qui sont des représentations plus ou moins justes, plus ou moins réelles, de la vie —, les personnages se doivent donc de parler. Même les films muets comportaient du dialogue, par le biais des intertitres. Même un Robinson seul sur une ile, comme Chuck Noland dans Cast Away (Seul au monde, Robert Zemeckis, 2000), s’invente un interlocuteur pour parler. Un film qui ne comporterait aucun dialogue, sans raison crédible, donnerait l’impression d’un pur artifice.
Transmettre une information directe ou explicite
Une des activités importantes et indispensables du dialogue est de transmettre au lecteur, au spectateur ou à l’auditeur un information directe, c’est-à-dire une information objective.
Cette information peut être prise pour ce qu’elle est, elle n’est sujette à aucune caution et le syndrome de Saint-Thomas que nous aborderons plus tard ne s’applique pas : le public ne peut pas remettre l’information en cause, il la prend telle qu’elle est.
C’est par exemple un “radar” qui annonce à son capitaine la position d’un sous-marin, c’est une personne qui commande un plat au restaurant, c’est par exemple un personnage qui donne son âge à une administration (lorsque rien n’est en jeu sur cet âge).
Cette information directe peut concerner d’autres aspects que nous verrons ci-dessous, comme par exemple révéler le personnage, comme c’est le cas pour l’âge ci-dessus.
Transmettre une information indirecte ou implicite
L’information indirecte est une information qui fonctionne par inférence. C’est une divergence entre le contenant — les mots du dialogue — et le contenu — ce qu’ils signifient en réalité.
Faire avancer l’histoire
Le dialogue est un moyen puissant pour faire avancer l’histoire aussi bien que pour confirmer les articulations. C’est le dialogue qui pose souvent l’objectif, qui le verbalise quand il n’est que diffus dans la tête du public. C’est souvent le dialogue qui confirme la réussite du héros et ses conséquences. Le dialogue a donc un rôle de premier plan au niveau de la structure du récit et il fait avancer l’histoire.
Susciter des émotions
Bien entendu, un dialogue est susceptible aussi, en révélant l’état intérieur du personnage qui le prononce, de susciter de nombreuses émotions.
Révéler le personnage
Bien entendu, un personnage qui utilise le dialogue révèle souvent beaucoup de lui, de manière directe (énoncé vrai) ou indirect (énoncé détourné).
C’est une sous-fonction de la fonction “Transmettre une information”.
Révéler le personnage à l’auteur
Le dialogue est aussi un outil de développement en lui-même, comme nous le verrons dans la partie.
Faire le point
[TODO: Développer]
Ajouter les autres fonctions qui se dégageront du livre