La collection Narration

Cloture des intrigues

Il est important, pour que la fin de l’histoire donne réellement le sentiment d’une conclusion, de vérifier à ce que toutes les intrigues amorcées possèdent bien une résolution ou une ouverture. Le problème se pose rarement pour l’intrigue principale, que l’auteur pense souvent à conclure, elle se pose en général plus pour d’autres intrigues que l’auteur n’a peut-être même pas eu conscience de mettre en route.

Prendre conscience des intrigues

Le premier travail va donc consister à faire une relève exhaustive des intrigues amorcées. Noter que cela permettra aussi de s’assurer qu’il n’y en a pas trop. Plus il y a d’histoires dans l’histoire, et moins l’histoire est bonne.

Une intrigue est amorcée à partir du moment où un personnage, principal ou secondaire, formule un objectif, même de façon diffuse ou allusive, ou à partir du moment où une question dramatique (QD) est posée. Une QD se pose à partir du moment où un problème est posé. Par exemple, dans Her (Spike Jonze, 2013) Amy, l’amie du personnage principal, a clairement un problème avec son compagnon. Cela crée une intrigue puisse se pose la question implicite (que nous, spectateur, ne nous formulons même pas textuellement) : les problèmes d’Amy avec son compagnon vont-ils se résoudre ?

De la même manière, on peut avoir un personnage, dans un film [TODO: Trouver plutôt un film concret], ami du protagoniste, qui est au chômage et cherche un travail. Cela crée automatiquement une intrigue qui attendra sa résolution — il en trouve — ou son ouverture — il n’en trouve pas encore, mais…

Donc reprenez votre histoire dans son intégralité, en étant vigilant sur ce point, pour établir la liste complète des intrigues qui sont amorcées.

Que signifie “clore l’intrigue”

Il est important de comprendre que “clore l’intrigue” ne signifie en rien lui donner un issue heureuse, une résolution positive. Lorsqu’une histoire clot toutes ses intrigues positivement, elle donne l’impression d’une supercialité, d’un monde imaginaire où tout se finirait bien.

Assurez-vous toujours que toutes vos intrigues ne se résolvent pas de façon positive.

“Clore l’intrigue”, cela signifie plutôt :

À noter, pour le troisième point, qu’on a coutume d’appeler cette conclusion une “fin ouverte”. Tenter dans ce cas de vraiment “ouvrir” la fin, de ne pas confondre absence de fin et fin ouverte. “Ouvrir une fin”, c’est amener un élément souvent concret qui permettra d’imaginer assez précisément une suite à l’intrigue. Dans notre exemple, on pourrait imaginer que cet ami qui cherche un travail en vain est animé à la fin d’une nouvelle détermination — ragaillardi par exemple par le succès de l’intrigue principale — qui laisse présager qu’il va finir par aboutir dans sa quête.