La collection Narration

Définition de la dynamique thématique

Dans les films

Mais la plus belle opposition thématique à mes yeux, c’est celle développée par Artavazd Peleshian dans son magnifique Kyanq (Vie, Artavazd Peleshian, 1993) où il ne fait que filmer une femme qui accouche : le thème concret de la souffrance qui s’oppose à celui, abstrait, de la vie.

Dynamique thématique

Choisir ses thèmes — au hasard ou par la force des choses — ne suffit pas pour espérer raconter une histoire.

Pour choisir ses thèmes ou s’ils s’imposent d’eux-mêmes, il faut penser et mettre en place une réelle dynamique entre eux. Et pour créer cette dynamique, rien de tel que de créer une relation d’opposition entre eux, une opposition conflictuelle. Cette opposition est une étape pouvant amener à définir la prémisse du film, notion que nous aborderons plus tard.

TODO: Pour la partie ci-dessus, voir s'il ne faut pas la mettre dans la partie développement des thèmes.

Même si cette opposition thématique n’apparait pas toujours avec une évidence foudroyante lorsque l’on sort d’une salle de cinéma (cela demande même parfois de s’interroger longtemps), il est important de comprendre que celle-ci est aussi importante pour l’auteur que tout autre élément narratif, parce que c’est la nourriture dont s’alimenteront les personnages, les dialogues, l’intrigue, les conflits, etc.

Le fait qu’elle ne s’impose pas à l’esprit du spectateur ne signifie pas qu’elle est inconnue à l’auteur, loin s’en faut. Elle signifie simplement qu’il a su en parler de façon dramaturgique, sans oublier que l’important était avant de raconter une histoire, pas de disserter sur un sujet.

Arrêt sur image

Reprenons quelques exemples précédemment cités. Nous pouvons dire que : C’era una volta il West traite de “la vengeance contre la cruauté”. Modern Times traite de l’“industrialisation au détriment de l’humanité”. Marius (Alexander Korda, 1931) traite de l’“amour s’opposant à la passion (non amoureuse)”.

Mettons l’accent sur les “contre”, “au détriment de”, “s’opposant à” que l’on trouve dans la formulation des oppositions thématiques citées ici. C’est cette formulation en opposition qui crée la dynamique de l’opposition. C’est par cette opposition que le film va prendre une réelle dimension, et c’est elle qui soutiendra l’auteur dans son travail.

Concevoir votre film à l’aide d’une telle opposition thématique vous évitera l’inefficacité, la mollesse et le manque de dynamique patente à laquelle on se confronte quand on pense son film à l’aide d’un thème unique : “Mon film traite de l’industrialisation”, qui, même s’il circonscrit quelque peu votre sujet, n’en reste pas moins absent de tout élan, de toute dynamique.

En formulant votre film à l’aide d’un thème unique, ce n’est pas un film que vous vous apprêtez à écrire mais un exposé.

Les porteurs de l’opposition thématique

La formulation en opposition thématique, au contraire, est remarquablement précise, en dépit de sa courte taille. Et l’on peut déjà voir se dessiner les deux personnages centraux du film.

Il arrive en effet très fréquemment que les porteurs des deux thèmes en opposition dans le film soient justement le protagoniste et l’antagoniste. Dans le film, bien évidemment, les deux thèmes s’opposeront comme et en même temps que les deux personnages.