La Narration

Objectif de cette construction

Quel objectif devons-nous atteindre lorsque l’on parle de l’élaboration de sa structure ? À quel moment pouvons-nous établir que cette construction est achevée ? Tentons de répondre à cette question.

Très concrètement, pour un film, élaborer la structure revient à déterminer le contenu des 4 quarts-temps du paradigme de Field augmenté (PFA), à déterminer les scènes-clés et le contenu général des 80 à 100 scènes qui constitueront l’histoire si c’est un film, le double si c’est un roman.

Vision générale du travail des scènes

Nous allons prendre comme référence pour le moment que nous écrivons un script et qu’il nous faut 60 scènes. En tablant sur 60 scènes, nous visons à peu près 80 scènes au final, car ces 60 scènes entraineront fatalement l’ajout de “scènes de liaison” d’une scène à l’autre. Prenons par exemple une scène qui est un plan enseigne — une scène constituée d’un unique plan permettant de situer un décor de façon générale avant d’entrer dans ce décor à la scène suivante. Ce genre de scène est très fréquemment utilisée mais elle n’entre pas véritablement dans le travail sur la structure.

60 scènes, cela signifie que nous aurons environ 15 scènes par quart-temps de l’histoire, soit :

Si nous prenons en référence les éléments constitutifs de la structure tels que nous les avons étudiés, nous savons donc que ces scènes vont obligatoirement être travaillées :

C’est-à-dire que sur nos 60 scènes, nous aurons déjà 24 scènes qui seront occupées par les éléments quasi-indispensables du récit (8 pour l’exposition, 13 pour le développement, 3 scènes pour le dénouement).

Intrigue principale et secondaire

En sachant que l’intrigue principale consommera environ 40 scènes sur le total des 60 scènes, nous voyons donc qu’il nous reste 16 scènes à découvrir pour couvrir l’intrigue principale.

Si nous construisons l’intrigue secondaire comme un authentique paradigme de Field augmenté — mais comportant moins d’obstacles que l’intrigue principale —, alors nous n’aurons pratiquement qu’à concevoir les scènes-clés et quelques scènes de liaisons.

Ne pas attendre sur la structure

Ne pas attendre sur la structure.

Il me semble important de rappeler, comme je l’ai fait en introduction, qu’il est inutile d’attendre d’avoir la structure complète de son récit avant de développer les autres aspects que sont principalement les personnages, les intrigues, les thèmes. C’est le principe fondateur du “développement en spirale” (voir le livre Le Travail de l’auteur).

Ainsi, il ne faut jamais hésiter, au cours de ce travail sur la structure, à “entrer dans une scène” — comme on le dit couramment —, même à en écrire déjà la continuité dialoguée pour tenter de mieux toucher le cœur des personnages, pour sentir le rythme de la mise en scène, pour percevoir la couleur des dialogues, en bref pour expérimenter l’histoire ou l’interroger. Cela permet également de ne pas aborder sa structure de façon trop froide.